Comment aider un patient à modifier durablement ses habitudes de vie ? Malgré l’abondance d’informations disponibles sur les dangers du tabac, de la sédentarité ou d’une alimentation déséquilibrée, le passage à l’action reste difficile. Partant de ce constat, le Réseau Delta met aujourd’hui à la disposition des médecins et de leurs patients un outil interactif de prévention : le Health Check Monitor (HCM).
Accessible en ligne en quelques minutes, le HCM permet d’estimer différents risques liés aux maladies non transmissibles, notamment cardiovasculaires, métaboliques ou certains cancers, à partir d’un questionnaire simple portant sur les habitudes de vie et les antécédents personnels. Mais l’objectif de l’outil n’est pas uniquement d’informer. « On ne change que lorsqu’on se sent concerné », résume le Dr Marc-André Raetzo, médecin spécialiste en médecine interne générale et pneumologie, et cofondateur du Réseau Delta. Selon lui, la prévention traditionnelle, centrée sur la transmission d’informations, montre rapidement ses limites : « Dire à quelqu’un que fumer est dangereux ne suffit pas. Les patients le savent déjà. Ce qui déclenche le changement, c’est le moment où ils prennent conscience de ce que cela implique concrètement pour eux. »
L’un des principaux atouts du HCM réside précisément dans cette approche interactive. Le patient peut modifier différents paramètres – arrêt du tabac, augmentation de l’activité physique, amélioration de l’alimentation – et visualiser immédiatement l’impact potentiel de ces adaptations sur ses risques de santé. Une manière de rendre la prévention plus tangible et personnalisée.
Un outil issu du terrain
Fondé sur plusieurs modèles scientifiques reconnus en santé publique [1], l’outil trouve son origine dans un programme de prévention développé initialement en entreprise. Les participants répondaient à un questionnaire avant de recevoir une visualisation personnalisée de leurs risques. Une enquête réalisée six à douze mois plus tard montrait que près de 60 % des répondants avaient modifié au moins un comportement lié à leur santé, avec notamment un arrêt du tabagisme dans près de sept cas sur dix.
Pour Marc-André Raetzo, cet outil s’inscrit dans une logique plus large issue des sciences du comportement et de l’entretien motivationnel. « Le rôle du médecin n’est pas de changer le patient, mais de l’accompagner dans cette démarche », souligne-t-il. Une approche particulièrement pertinente à l’heure où les maladies chroniques représentent l’un des principaux enjeux de santé publique. Le HCM se veut ainsi avant tout un support de consultation : un outil simple, accessible et fondé sur des données robustes, permettant d’aborder la prévention de manière plus concrète avec les patients.
À terme, l’outil pourrait intégrer des modules de coaching ou des rappels automatisés pour accompagner les personnes ayant décidé de modifier certaines habitudes.
Accéder à l’outil :
www.reseau-delta.ch/faire-le-point-sur-ma-sante
Selon un rapport récent de l’Organisation mondiale de la santé (OMS )[2], chaque année, en Europe, environ 1,8 million de décès dus aux maladies non transmissibles pourraient être évités. Parmi ces décès, 60 % sont liés à des facteurs de risque modifiables (tabac, alcool, alimentation, sédentarité, hypertension, obésité, etc.).
[1] Notamment Score2 pour le risque cardiovasculaire à dix ans, Smart-Reach pour l’estimation du risque à long terme ou encore le Diabetes Risk Score.
