Édito

GHOL & Delta : l’expérimentation que la Suisse attend

Delta Echos #8

Au moment où la Conseillère fédérale rouvre le dossier du DEP et laisse les cantons perplexes quant à la direction réelle à suivre, une chose devient évidente : notre pays n’a pas besoin d’un débat supplémentaire, mais d’expérimentations solides, visibles et utiles.
Le partenariat entre le GHOL et le Réseau Delta s’inscrit exactement dans cette dynamique. Il offre un terrain concret pour montrer comment un territoire peut aligner hôpital, médecins de premier recours et équipes de proximité grâce à une architecture numérique enfin cohérente.

Des fondations numériques qui s’assemblent enfin

Le territoire dispose aujourd’hui d’un socle public robuste : CARA. 
Cet outil portera le plan de soins partagé ainsi que le futur plan de médication, deux éléments centraux pour soutenir des parcours coordonnés.

L’évolution vers le dossier électronique de santé (DES) permettra aussi une intégration simple des dossiers médicaux primaires des médecins — Mediway, PulseMedica, SoKle et d’autres. Ces logiciels pourront envoyer et recevoir automatiquement les informations pertinentes, sans ressaisie ni dispositif parallèle. C’est une avancée majeure : pour la première fois, les outils du quotidien des médecins s’articulent naturellement avec une plateforme cantonale.

Du côté hospitalier, le GHOL rejoindra le DPI vaudois, lui-même relié à CARA, assurant ainsi une continuité documentaire entre l’hôpital et l’ambulatoire.

En parallèle, la plateforme Delta–SoKle joue un rôle complémentaire essentiel : elle porte le suivi populationnel, la coordination interprofessionnelle et la navigation des patients, ce que ni les dossiers primaires ni les DPI hospitaliers ne couvrent.

Pris ensemble, ces niveaux — CARA, dossiers primaires, DPI du GHOL, Delta–SoKle — forment un écosystème cohérent et évolutif, aligné avec la stratégie numérique du canton de Vaud et le programme fédéral DigiSanté. Surtout, c’est un numérique utile, ancré dans les pratiques et au service des parcours.

Dans un contexte où le pays manque de preuves tangibles, où la confusion autour du DEP persiste et où professionnels comme patients attendent des solutions simples et une continuité réelle des soins, le partenariat GHOL–Delta apporte ce qui fait défaut ailleurs : une démonstration crédible et territoriale d’une coordination numérique solide, centrée sur la clinique. Si la Suisse veut avancer, c’est par ce type d’expérimentation qu’elle trouvera enfin un chemin clair.