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TARDOC. Des premiers chiffres qui ne semblent pas tenir leur promesse.

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TARDOC. Des premiers chiffres qui ne semblent pas tenir leur promesse. TARDOC. Des premiers chiffres qui ne semblent pas tenir leur promesse.

La revalorisation attendue de la médecine de famille ne semble pas, à ce stade, se concrétiser dans les premières données disponibles. Si celles-ci doivent encore être interprétées avec prudence, le signal n’en demeure pas moins préoccupant, d’autant qu’il intervient dans un contexte où une hausse globale significative des coûts du secteur ambulatoire est attendue. 

Une revalorisation qui se fait toujours attendre

L’introduction du TARDOC et des forfaits ambulatoires devait notamment permettre de mieux refléter le travail médical et de renforcer les soins de base. Les premières données disponibles montrent toutefois que cet objectif n’a pas encore été atteint.

Selon les informations dont dispose mfe – Médecins de famille et de l’enfance Suisse, les médecins de famille en médecine interne générale ne bénéficient pas de la revalorisation annoncée. Dans certains cantons, une dévalorisation se dessine même. Une amélioration modérée est en revanche observée chez les pédiatres et les médecins praticiens.

Ces constats doivent encore être interprétés avec prudence, puisque les données détaillées des partenaires tarifaires n’ont pas encore été publiées. Ils interviennent néanmoins alors qu’une nette hausse globale des coûts est attendue dans le secteur ambulatoire.

Le risque d’une double pénalisation

Les soins médicaux de base représentent 42 % des médecins exerçant dans le secteur ambulatoire en Suisse. Pourtant, ils ne semblent pas bénéficier de la progression observée dans certaines autres spécialités.

Les adaptations nécessaires au respect de la neutralité des coûts ne doivent donc pas conduire à une réduction linéaire des tarifs. Les médecins de famille seraient alors doublement pénalisés : d’abord par l’absence de la revalorisation promise, puis par des mesures correctives appliquées indistinctement à l’ensemble du corps médical.

mfe demande que les corrections interviennent là où les dépassements et les incitations inadéquates sont effectivement constatés. L’association appelle notamment à revoir certains minutages et à adapter la prestation d’infrastructure et de personnel, afin qu’elle corresponde davantage aux coûts réels des cabinets.

Défendre concrètement les conditions d’exercice

Le Réseau Delta partage ces préoccupations. Pour soutenir les médecins de premier recours, le tarif doit reconnaître correctement le temps médical, les activités de coordination ainsi que les charges de personnel et d’infrastructure indispensables au fonctionnement des cabinets.

Des corrections ciblées permettraient de maîtriser les coûts sans fragiliser les structures qui assurent une prise en charge de proximité, coordonnée et accessible. Elles éviteraient également que les médecins de famille supportent les conséquences d’une hausse des coûts dont ils ne sont pas à l’origine.

Cette question dépasse la seule rémunération des prestations. Des conditions économiques équitables sont indispensables pour maintenir les cabinets, faciliter leur transmission et donner aux jeunes médecins l’envie de choisir la médecine de premier recours.

Plafond des prestations médicales, un sujet distinct

Le plafonnement de la prestation médicale prévu à partir de 2027 suscite parallèlement de nombreux débats. Dans une prise de position distincte, mfe estime toutefois que cette mesure devrait avoir un impact très limité sur l’activité habituelle des cabinets de médecine de famille et de pédiatrie.

Pour les soins de base, l’enjeu prioritaire reste donc d’éviter des réductions tarifaires indifférenciées et d’obtenir enfin une revalorisation mesurable de la médecine de famille.

Le Réseau Delta appelle ainsi les partenaires tarifaires et les responsables politiques à préserver les soins de base dans les prochaines adaptations du système. Renforcer la médecine de premier recours doit se traduire concrètement dans le tarif, au bénéfice des médecins, de la relève et de l’accès aux soins pour la population.

Consulter le communiqué de mfe sur les premières données du TARDOC

Lire la prise de position de mfe sur le plafonnement de la prestation médicale